OSEZ LA MONTAGNE !

MICE

Opter pour la montagne en hiver pour une opération MICE ? Une idée qui fait son
chemin. Et les atouts sont indéniables : paysages dépaysants, activités sportives et ludiques, et hébergements diversifiés, avec des hôtels qui, désormais, glissent une ou deux salles de réunion dans leur concept. Sans oublier les palaces et restaurants étoilés.

Par Pascale Missoud

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Oublie le tout ski : la montagne propose désormais un panel d’activités qui font la part belle à l’outdoor et permettent de s’imprégner de superbes panoramas. Depuis quelques années effet les stations de sports d’hiver planchent sur leur avenir économique. Résultat? La diversification de l’offre également en matière d’hébergements et de restauration, favorise la tenue de réunions professionnelles et d’incentives, et ce, à des tarifs qui se démocratisent.

Les possibilités en matière de congrès restent en revanche plus mesurées. On retiendra le palais des sports à Megève (800 personnes), le centre Henri Oreiller à Val d’Isère (750 personnes), le Parc des Dérêches à Morzine (700 personnes), le centre de congrès Bernard Taillefer aux Arcs (600 personnes), les salles elle po ue du a estic amonix per- sonnes) ou, dans les Hautes-Pyrénées, les espaces du Carré Py’ à Bagnères-de-Bigorre. Dans le Jura, l’audito- rium (200 personnes) du Village Vacances de Lamoura a été rénové l’an dernier 3m des Rousses.

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L’atout maître de la montagne ? Un dépaysement assuré à proximité… À condition de bien choisir sa station. De Paris, il faut compter généralement 5h pour se rendre dans les Alpes. Pour rogner sur le temps de trajet, au train on peut privilégier l’avion, avec une arrivée par Genève ou élire des stations telles que Gérardmer ou La Bresse dans les Vosges (moins de 4h en train), l’Alpe d’Huez (4h20) ou La Norma (4h30). Et, depuis Toulouse ou Bordeaux, on se tourne plus volontiers vers les Pyrénées.

Des adresses qui se démarquent

Ensuite, le choix dépend du budget par participant. Les Houches (Rocky Pop 3*), Les Ménuires (ho 36) ou La Plagne ont en commun plusieurs typologies d’hébergement avec une restauration qui lorgne vers le locavore ou la street food qui, par leur ambiance start-up hyper-connectée, séduisent les mil- lenials. Séminaire insolite à petit prix également, en privatisant un refuge comme celui de L’Oule (34 places) accessible par télésiège depuis Saint-Lary-Soulan (Pyrénées).

Cette saison, on vise par exemple les 34 chambres, 3 apparte- ments et dortoir du Refuge de Solaise, l’hôtel (privatisable) le plus haut de France lové dans l’ancienne gare du téléphérique à Val d’Isère : vue à tomber, spa, salle de réunion (63 m2) et salle de projection (20 personnes). La Folie Douce (Chamonix- Mont-Blanc) joue la mixité de 248 chambres 3 et 4*, promet 3 restaurants, un bar avec live shows, 700 m2 de spa, une piscine et 13 salles de réunion (250 personnes). Et le Cœur de Megève s’attache à faire connaître les secrets de la station à ses hôtes, tandis qu’à La Rosière l’hôtel Alparena & Spa 4* (58 chambres) propose plus de 1 000 m2 de spa et 142 m2 de salles de réunion modulables.

On monte d’un cran avec les prestations du Daira I-Nor (46 chambres, salle de réunion de 100 m2), petit bijou 5* ins- tallé à l’Alpe d’Huez. S’il n’est pas nouveau, le Pashmina 5* (Val Thorens) ajoute une salle de réunion de 90 m2. En sus, cours de yoga et ski de rando pour aller dîner au Chalet de la Marine en altitude ! Les résidences ne sont pas en reste comme les vastes appartements du chalet Cocoon à Val Thorens (80 personnes en réunion) tous avec sauna et jacuzzi.

Certains groupes comme Pierre & Vacances, Odalys A aires (Pyrénées) ou Club Med dédient un service au MICE. Meetings & Events by Club Med organise ainsi des « winter games », des « meet express » ou des séances de réalité vir- tuelle. À pratiquer à Grand Massif Samoëns Morillon et aux Arcs Panorama, un resort 4 et 5 Tridents inauguré aux portes de Paradiski. Outre une déco au design réussi, une technologie à la pointe pour uidi er les séjours, deux espaces sont à pri- vatiser (55 personnes). Aux Ménuires et à Chamonix, le groupe Temmos assure des conventions jusqu’à 350 personnes.Terminal-neige-Totem-Flaine-1 

Tout aussi rodées à l’exercice Les Maisons & Hôtels Sibuet intègrent des packages team building au Terminal Neige – Totem Hôtel à Flaine mais aussi au Refuge du Montenvers et sa vue sur la mer de Glace ou, pour des codir, aux Fermes de Marie (Megève). Petits groupes (20 personnes) et gros budget également pour le Relais & Châteaux Au Cœur du Village 5* et dans les chalets 5* du groupe PVG à La Clusaz.

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Sur la neige, sous la glace et dans les cieux

Les groupes de 150/250 personnes ont aussi leur place en montagne. Même si la majorité de participants n’a jamais dévalé une pente ! Place alors au fat bike, curling humain, recherche de balise Arva, relais en trottinettes des neiges… En alternant les animations, on peut aussi se reporter sur des randonnées en traîneaux à chiens, balades en raquettes, descentes en luge (Les Ménuires, La Bresse, Montgenèvre…) ou initiation au biathlon (Le Grand-Bornand, Les Saisies, Peyragude…). 

Les stations elles-mêmes se prennent au jeu. Ainsi, Pralognan-la-Vanoise valorise son héritage olympique avec des programmes multipliant, sur deux jours, les activités visant à fédérer, repas savoyard en refuge après une montée en raquettes, salle de réunion et pension complète. Et pour ceux qui savent skier, il existe un programme curling et ski alpin (base de 50 personnes).

Chaque saison apporte son lot d’excentricités : chevaux trac- tant de grosses bouées sur la neige à Vars, Ice Laser Game dans un labyrinthe enneigé de Val d’Isère (Montagne Expert), site du Col d’Ornon réservable de quelques heures à plusieurs jours (restauration, 8 pistes traîneaux à chiens, ski nordique…).

Parfait pour marquer les esprits, les agences concoctent égale- ment des programmes thématiques. Ainsi, Armada (en Savoie- Mont-Blanc) a réuni 75 personnes en cœur de forêt pour leur faire toucher du doigt la vie de trappeur.Terminal-neige-Totem-Flaine-1 Takamaka mixe conduite de traîneaux à chiens, biathlon et ski joering pour une demi-journée Grand Nord. 

Et une bonne condition physique est requise pour le stage de survie grand froid imaginé par un passionné de l’extrême, Denis Tribaudeau : 3j/2n dont une en bivouac dans le Haut-Jura pour révéler la cohésion d’équipe (maximum 15 participants). Les écoles de ski ont quant à elles développé des programmes à l’attention des entreprises : ESF Business, Evolution 2 Events ou ESI constituent autant de pistes pour des animations bien encadrées.

Activités plus onéreuses mais à sensations à programmer pour les voyages de récompense ou réunions de direction : tyro- lienne (Val Thorens, L’Alpe d’Huez, Orcière 1850, Châtel…), conduite sur glace (Tignes, Flaine, Serre-Chevalier…), plongée sous glace (Val Thorens, Chamrousse, Morzine-Avoriaz…), hélico (La Rosière, Val d’Isère…)…

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PIC-DU-MIDI-Planétarium-3-Copyright-Nicolas-Bourgeois
Stage-de-survie-Denis-Tribaudeau-Copyright-OrelB-Pictures

Envie d’expérience rare ? On gagne les 2 877 m d’altitude de l’observatoire du pic du Midi le temps d’un séminaire avec panorama somptueux sur la chaîne des Pyrénées : là, on tutoie les nuages sur la passerelle suspendue au-dessus du vide, on dîne au champagne, on scrute les étoiles à portée de télescope, on s’endort dans une des 15 chambres à la sobriété signée Starck, avant de fouler la neige vierge pour une descente en free-ride vertigineuse (pour les plus expérimentés.

Mais la montagne gagne aussi en zénitude. Pour preuve, ces animations axées sur le bien-être et la détente. Pourquoi ne pas tester Yoga et Brunch, une mati- née proposée par l’école Manalaya à Courchevel pour allier bien-être physique et gourmandise ou, pour les bons skieurs, une journée ou demi-journée de ski de pleine conscience par groupe de 8 personnes encadré par un guide et un coach : une idée imaginée par Zigzag, école de ski à Samoëns.

Petit livre rouge et guinguettes d’altitude

En 2018, Michelin a couronné vingt établissements dans les Alpes et un dans les Vosges (Les Bas-Rupts*, à Gérardmer). Pour délecter les papilles d’un comité de direction, direction Les Flocons de Sel à Megève, La Bouitte à Saint- Martin-de-Belleville ou le 1947 à Courchevel, chacun auréolé de 3 macarons.

Mais la montagne signifie avant tout convivialité, et ce jusque dans l’assiette. Rien ne vaut alors une balade en raquettes ou en motoneige avant de s’attaquer à une fondue ou une raclette dans une yourte, un refuge ou tout simple- ment un restaurant d’altitude. Ainsi, à La Rosière, c’est en dameuse que l’on rejoint la chaleur de l’Antigel (privatisable le jeudi), un chalet de pierre et de bois à 2 000 m d’altitude. Et, à Méribel, on privatise carrément la remontée de la Saulire Express pour se régaler d’une fondue dans les télécabines à la lueur de la lune : de quoi marquer les esprits.

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Marine ROUYER
Responsable commerciale et marketing de l’agence Chlorophyll

Qui choisit la montagne en hiver pour une opération MICE ?
Marine Rouyer : Ce sont surtout de grosses entreprises de la région parisienne, mais des start-up nous sollicitent aussi, à la fois pour des team building de cohésion comme pour des voyages de récompense haut de gamme. Les groupes varient de 10 à 250 personnes avec, en moyenne, une cinquantaine de participants.

Quelle est votre analyse du marché ?
Marine Rouyer : La demande est plus qualifiée car l’offre s’est bien développée, notamment pour les non-skieurs. On trouve désormais des hôtels de qualité à des tarifs abordables. Notre force réside d’ailleurs dans notre réseau d’établissements que nous connaissons bien, aisément privatisable s’il le faut. Mais nous restons bien sûr en veille constante sur les nouvelles adresses car le segment est en hausse et nos clients reviennent souvent d’une année sur l’autre à la montagne.

Comment travaillez-vous ?
Marine Rouyer : Notre objectif est de vendre un concept sur-mesure. Nous faisons des recommandations au client soit parce qu’il s’axe sur une station qui ne correspond pas for- cément à son budget ou ses envies, soit parce qu’il n’a pas envisagé la montagne. Notre ter- rain de jeu est assez large mais concentré sur des stations où les problèmes d’enneigement ne se posent pas. Hôtels hybrides ou de luxe, restauration forcément conviviale, la montage reste une expérience « au frais » !

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